Derniers voeux de vieux pas pieux
Évidemment, le rapport entre King Kong gisant et décapité un dimanche matin place de la Concorde et le texte est assez lointain.
La Direction vous prie d'accepter ses excuses.
Autrefois j'ai vu mon grand-père avec des yeux d'enfant. Dieu, qu'il était vieux.
Forcément, avec des yeux d'enfant, comment voir l'ancêtre autrement ?
Tellement vieux qu'un jour le bouif, poilu qui avait fait Verdun, est parti.
Plus tard, forcément j'avais grandi. J'avais cessé d'être un petit.
C'est mon père, au jour le jour, jour après jour, qui a vieilli.
Je l'ai vu vieillir et devenir vieux, puis très vieux. Définitivement.
Lui aussi, le plombier-couvreur, vers d'autres toits, est parti.
A mon tour, maintenant, constat ingrat, vieux je me vois.
Le miroir est particulièrement odieux.
Pourtant je dois m'y résoudre et en croire mes yeux.
Hier n'est déjà plus aujourd'hui, paraît que c'est ainsi la vie, à ce qui se dit,
en raccourci, sans verser dans la philosophie.
Ah ! Mes aïeux...
Avant de les rejoindre et quitter cette vallée de larmes, *
jamais au grand jamais, je ne rendrai l'âme et les armes, **
sans avoir lu tout des immortels (?) Péguy, Claudel, Bernanos et Gaxotte
et feuilleté une dernière fois d'un doigt délicat
le catalogue de La Redoute, chapitre Petites culottes.
* Hep ! Rien ne presse.
** Reste à savoir à qui !