Triomphes partagés
Sans tambour ni trompette. Castagne et castagnettes.
A mon grand-père Charlot, artilleur à Verdun.
7 ans d'armée : y a d' l'obus !
Pour qui n'aura jamais son nom sur un fronton
la belle promotion que celle du héros honoré par toute une nation :
poilu, devenu pour l'éternité dans le grade le plus élevé, inconnu.
Cerise sur le gâteau : un tricolore drapeau.
Pas de repentir : juste la flamme du souvenir.
Le triomphe absolu sous l'arc du même nom
pour un pauvre couillon de troufion,
malgré lui, chair à canon.
Pendant ce temps,
entre Concorde et Madeleine,
tout en bas des Champs,
après la grande bataille,
Messieurs les généraux font ripaille,
caviar cigares vieux marc,
chez Maxim's,
se foutant bien des victim's.
Les étoilés se félicitent de leurs meurtrières réussites :
" Nous aurons des avenues à nos noms,
des sous-marins, des porte-avions. "
La glorieuse consécration.
L'inconnu pioupiou de nom n'aurait pas ?
Pourquoi pas l'appeler Saturnin Bergougnat.
Juste pour le sortir de l'anonymat.