Monologue
La nuit, dans ton lit, sans fin, tu soliloques,
tu interroges t'agites te retournes d'un bloc.
Tu exhortes les draps à se souvenir de tes émois,
tu exiges d'eux qu'ils te rendent la fureur des ébats.
Tu veux te rappeler toutes les situations,
te remémorer tout sur vos corps en fusion,*
du sien du tien tout tout sur vos accords
encore et encore et encore...
Tes draps restent de bois,
cois, cois, cois.
Laisse-les en paix, ils ont mérité leur repos,
ils en ont vu et subi certainement beaucoup trop.
Et qu'ils te répondent quoi ? Qu'ils en étaient ? C'est oui !
Qu'ils sont moulus vermoulus fourbus ? C'est oui !
Ils ont tout vu. Ils n'en diront pas plus, c'est tout vu.
Regarde l'heure, il est tard. Ils ne t'écoutent plus.
* Car il s'agit d'un(e) atomiste, évidemment. Qui fait des heures supplémentaires.