103 - Trop tard, hélas !
On ne se parle pas assez, à ce qu'il se dit ! Ici, un poisson (mâle) parle à un poisson (femelle) - il y aurait eu quelque chose entre eux, autrefois ! - une femelle mal en point.
Des remords d'une part, peu de réconfort de l'autre. Né sous le signe des Poissons, un avantage indéniable et incontestable, à votre intention, j'ai proposé mes modestes talents de traducteur. Ce qui ajoute à la compréhension.
Elle mit ses mains à mon cou, et me regardant dans les yeux de ce regard que mes yeux absorbent, elle dit : " C'est toi que j'aurais dû aimer. " - Robert Desnos.
Ils sont bien trop tardifs ma belle tes regrets
de ne point t'être jetée jadis dans mes filets.
Mon coeur de poisson-poète t'était offert
mes bras (1) pour toi s'étaient grands ouverts.
Je te réservais l'essentiel de mes gros beaux vers,
raisonnablement le tout faisait amplement l'affaire
pour que nous menions à bien notre petite affaire.
Mais voilà ! bougre de pécheresse
au temps venu des chaudes liesses
c'est à un pêcheur que tu as offert tes ... (emplacement à louer)
me récusant, moi le rimeur babelaire (2)
qui tant admirait tes reins beaux
tout comme ton devant, vers l'aine,
et aussi, pas d'oubli, le beau de l'air
tout autant que ta peau linéaire (3) .
A l'heure d'un juvénile bonheur exemplaire,
je n'ai pas eu l'heur de satisfaire à tes critères.
Aujourd'hui avec ton pêcheur tu as maille à partir
alors tu te déclares, tu regrettes et soupires.
Trop tard, c'est cuit, tu n'es plus qu'un petit poisson frit
tout juste bon à intéresser les amateurs de momies.
N I ni c'est foutu
Autrefois tu ne m'as pas cru
maintenant tu n'es plus crue.
Ce qui n'a pas commencé jamais ne finit.
(1) Des bras de poisson ! Levons au ciel les nôtres.
(2) Bavard, en argot bruxellois.
(3) N'oublions pas le formidable Guillaume.
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