143 - Et pourquoi le héron serait...
Il n'est pas de bonnes sentinelles qu'à Bonneuil, n'est-ce pas !
Souvent nous devrions montrer plus de prudence.
Asseoir nos jugements sur de simples apparences
est un des défauts majeurs de notre bonne vieille France
qui se complaît volontiers dans la médisance.
Petit homme ne pourrait donner grand président ?
Le héron, de nos hâtives appréciations,
fâcheuse victime, en est la triste illustration.
Pour lui, il est trop tard, le mal est fait
l'échassier souffre mais dignement se tait.
Avec son interminable cou qui finit cependant juste à temps par s'arrêter à la base de sa tête,
avec ses non moins interminables pattes qui opportunément stoppent à terre à une extrémité et au croupion d'une autre, ce qui limite raisonnablement les dégâts portés à l'esthétique,
avec son oeil rond qui semble plonger profondément dans un vide absolu avec une certaine délectation, sans qu'on puisse en tirer une quelconque sensée conclusion - allez savoir alors à quoi il pense, cet emmanché !
Je serais petit poisson, je me méfierais quand même...
A l'énumération de tout cela, de ces bizarreries dans l'allure,
doit-on sérieusement conclure
que le héron est probablement un peu con ?
Ce serait tout autant jugement de fantaisie, voire de folie,
de décréter que le canard est cruel parce que de Barbarie.
alors qu'indéniablement les petites pensionnaires du Couvent des Oiseaux (les yeux baissés, les genoux serrés) sont d'adorables petits poulets qu'un jour ou l'autre il faudra se décider à plumer.
Le genre le veut, il faut une moralité :
Hâtons-nous de ne pas trop rapidement juger.
Question d'ordre public et saine mentalité.