144 - Tête de Turc
Pour son long nez de clown objet de quolibets,
par la gente qui ondule jugé très ridicule,
celle qui frétille lui trouve un côté joyeux drille,
celle couverte d'écailles de rire a mal aux entrailles.
Mais...
Pour plaisanter, pas plus zélés que les ailés.
Les gravelots lui lancent des gravillons
" Huîtrier... Huîtrier... Tes vitres allons briser ! "
Les cormorans à grands coups d'ailes se battent les flancs
le considérant franchement désopilant.
Les mouettes rieuses se font plus encore moqueuses
" Allez, montre-nous comment tu bouges ton bec rouge !
Secoue d'un gros rire les bancs de harengs marrants. "
Même le grave goéland y va de son compliment :
"Ah ! Toi, l'artiste, on peut dire que tu n'es pas triste. "
Le nez de l'huîtrier d'encore plus s'allonger
devant une confraternité fort malmenée.
Que la fin de cet exquis récit soit bien sentie,
le genre l'exige ainsi, de bon gré je m'y plie.
D'un avéré imbécile peut-on exiger
qu'il renonce un instant à la stupidité ?
Celui que la nature a doté de grands pieds
ne devrait pas se gausser de qui a long nez.
Chez les zoziaux,
comme chez les zozos.