226 - La lutte
Ecervelette et Girouette, en une même basse-cour vivaient
Et de leur commune compagnie difficilement s’accommodaient.
L’une comme l’autre aspiraient à être première dame en Cour tout court
Car le pouvoir, par orgueil, convoitaient.
Chacune prétendait haut et fort régner sans partage sur le voisinage.
On eût dit la cour du roi Pétaud tel était grand le vacarme de l’équipage.
Leur bruyante rivalité, leurs incessantes querelles de clocher,
Mettaient en danger la sérénité du poulailler.
Le trône peut s’accommoder d’un séant, pas de deux,
Les volailles sont ainsi : petite tête et gros cul, c’est parfois malheureux.
Pour régler ce différend de primauté avant de consacrer
Soucieux de chaussures à son pied (!) trouver
À s’asseoir sur le trône le coq décida de les convier
Or à la demande de siéger aucune ne sut satisfaire
Incapables qu’elles furent d’y caser leurs volumineux derrières.
Aussi haut que fut leur caquet
Elles demeurèrent simples sujets.
Ainsi revint la paix !
Si seulement elles avaient réfléchi
Et arrêté entre elles un honnête compromis…
(un genre de tournante en une cordiale entente)
Ce qui prouve qu’il vaut mieux posséder un solide QI
Avec lequel on passera partout, qu’être hors-gabarit.
… C’est Milady Guenièvre de Fontenoy qui à ses miss l’a dit.