259 - La retraite de l'heure
Une gare qui m’est chère, celle de Saint-Amand, dans le Cher.
Depuis le temps d’antan, d’il y a longtemps, qu’elle était accrochée sur la façade du bâtiment, l’horloge avait fait son service consciencieusement.
A son bilan, tant et tant de tours de cadran,
De minute en minute, d’heure en heure,
D’une ponctualité qui faisait honneur,
Elle passait les minutes, sautait les heures, tour après tour,
Repartait aussi sec pour un tour,
Jour après jour, encore et toujours.
Mais…
Les trains, il y en avait de moins en moins,
Alors à quoi bon se donner un mal de chien !
Tout n’a qu’un temps, même le temps.
Estimant avoir fait le sien grandement
L’horloge décida sans regret de passer la main à de jeunes consœurs
- depuis le temps qu’elles attendaient leur heure -
mais comme on n’est jamais sûr de rien,
elle jeta au loin ses aiguilles dans une botte de foin.
Le temps pourra toujours courir
Pour les retrouver dans un proche avenir !