223 - Joyeux drille !
Quand enfin l’été daigne pointer le bout du nez
Une paire d’espadrilles je m’empresse de chausser.
Je brûle tant de m’expatrier espadrillé
Que j’en suis tout totalement émoustillé !
Hop ! Faut voir, comme vite fait, je décanille
Direction le pays du jambon et des filles en mantille
Talons aiguille, bas résille, séguedille,
Que dans leurs parties les plus charnues, je plante mes banderilles.
Je saute à pieds joints la fière Castille et atterris direct en la noble Séville
Pour courir illico après tout ce qui brille
(tout ce qui brille n’est peut-être pas d’or, mais je ne donnerais pas ma part au matador.)
Ce qui s’appelle, couramment, olé, faire
feu des quatre fers…
Quand s’éteint l’été, désespéré, désespadrillé,
Que mes semelles jusqu’à la corde sont usées, d’avoir tant sauté, virevolté, dansé,
Alors, je rechausse mes vieilles Pataugas, en prévision de la neige et la glace.
Ainsi de semelles en semelles les saisons passent…